Révision
vendredi 7 novembre 2025
mercredi 12 février 2025
Le Château de mes sœurs. Des Brontë aux Kardashian, enquêtes sur les fratries féminines, de Blanche Leridon : le pouvoir des sœurs
Avec Le Château de mes sœurs, Blanche Leridon se livre à une enquête passionnante qui explore la puissance des sœurs par le biais d’une démarche dialectique, couvrant l’actualité, la littérature et le cinéma, des plus pertinentes.
L’enquête intitulée Le Château de mes sœurs relève de l’essai dans la mesure où Blanche Leridon admet ancrer ses origines dans un vécu personnel. Cette essayiste, directrice du think tank libéral Institut Montaigne, est la cadette d’une sororie de trois filles. Elle explique, dès le début de son ouvrage, que les sœurs Halliwell, trois sorcières héroïnes de la série Charmed, diffusée en France sur M6 de 1998 à 2006, ont enclenché « un tournant dans l’itinéraire de construction que nous menions (inconsciemment) mes sœurs et moi. »
L’image de cette sororie – terme plus approprié que fratrie – contrastait fort avec celle de la comtesse de Ségur par exemple ou de Laura Ingalls Wilder, dont les mémoires ont inspiré La Petite Maison dans la prairie, autre série mémorable. Les trois sœurs de Charmed forment un trio uni, qui ne prend toute sa puissance que lorsqu’il est réuni et parvient ainsi à combattre toutes sortes de forces obscures et malveillantes. C’est à ce pouvoir des sœurs, qui peut s’exercer dans bien des domaines, autres que celui de la démonologie, que Blanche Leridon rend hommage.
jeudi 16 janvier 2025
Audace et préjugés d'Alexis Karlins-Marchat
Jane Austen, Charlotte Brontë, Virginia Woolf, quatre oeuvres clés de la littérature qui sont autant d'étapes dans l'affirmation d'une pensée féministe, c'est ce que montre Alexis Karklins Marchat qui éclaire de façon particulièrement judicieuse ce parcours au coeur de la littérature anglaise. (article disponible en accès libre sur le site de l'école des l'École des lettres :
https://www.ecoledeslettres.fr/audace-prejuges-relecture-de-chefs-doeuvre-feministes/
vendredi 11 octobre 2024
Briony May Smith redonne le sourire aux Brontë
« Les gens ont tendance à penser que les enfants Brontë ont eu une vie triste et lugubre », constate, assez justement Sara O’Leary, scénariste de l’album Au pays des histoires. L’enfance de Charlotte, Branwell, Emily et Anne Brontë. Mais ils pensent aussi que, « pendant les années où ils vivaient ensemble et où ils laissaient libre cours à leur imagination, leur enfance semble avoir été heureuse ». La page de couverture donne le ton : les quatre enfants Brontë, au cœur de la grisaille des paysages de lande qui ont inspiré Les Hauts de Hurlevent, sous un ciel chargé de nuages bas, ont le sourire, un rayon de soleil éclaire leurs visages rêveurs et animés. L’image reprend la composition du fameux tableau à la colonne de Branwell : Anne rêve, Emily est absorbée dans sa lecture, Charlotte, plume à la main, retranscrit, sous le regard attentif de Branwell, les idées romanesques que suscite l’émulation des quatre imaginations réunies.
La première double page montre Anne et Charlotte à travers l’une des fenêtres du presbytère d’Haworth, où elles ont grandi, en train de confectionner un petit livre. Charlotte écrit pour sa petite sœur. De façon symbolique, la maison qui occupe la page de droite dévore une partie de la page précédente, laquelle laisse entrevoir le même paysage de lande que sur la couverture. Le monde de l’intériorité symbolisé par la maison prend ainsi le pas sur le monde extérieur. Sur la page suivante, Anne ouvre le petit livre confectionné par Charlotte, et les motifs de l’histoire, des parents qui voyagent, une petite fille et un château, s’impriment sur la tapisserie, à l’arrière-plan. Les frontières entre l’imaginaire et le réel apparaissent ainsi poreuses, le monde de l’imagination en vient à s’inscrire dans le réel.
L’animation l’emporte sur les ténèbres
Le scénario n’occulte pas les drames vécus par la famille Brontë. Une double page saisit en plongée la famille réunie autour d’une table : sur la page de gauche, le père et les quatre enfants sont en train de dîner, à droite, l’autre moitié de la table et trois chaises vides rappellent que la mère et les deux sœurs aînées (Maria et Elizabeth) sont mortes prématurément, « si bien que la maison a été baignée de tristesse pendant de longues années », précise la narratrice.
Les mots du texte sont inscrits sur la partie droite de la table, comme sur une pierre tombale, et la page de droite semble envahie par l’obscurité. La vie et la mort se font face sur cette double page qui n’a cependant rien de sinistre. Le pasteur Brontë préside une table où l’animation des enfants l’emporte sur les ténèbres.
https://www.ecoledeslettres.fr/briony-may-smith-redonne-le-sourire-aux-bronte/
mardi 3 octobre 2023
Les Brontë en Pléiade (tome 3) : Charlotte à la recherche de voies nouvelles
Avec un riche appareil critique, les deux récentes traductions de Shirley et Villette font apparaître un réalisme social inédit confinant au romantisme industriel dans le premier et, dans le second, la liberté absolue et la modernité de l’aînée de la fratrie.
Les éditions Gallimard ont publié fin 2022 de nouvelles traductions des deux derniers romans de Charlotte Brontë, Shirley et Villette* achevant ainsi une publication de ce qui pourrait passer pour les œuvres complètes des Brontë. Signées Laurent Bury et Véronique Béghain, ces deux traductions sont d’autant plus appréciables que les deux romans n’avaient pas été revisités depuis les années cinquante.
mardi 29 août 2023
Charlotte Brontë à la recherche de voies nouvelles
vendredi 31 mars 2023
Emily, de Frances O’Connor : âme révoltée dans les landes anglaises
samedi 3 décembre 2022
"The night wind" d'Emily Brontë
A cloudless moon shone through
The open parlour window
And rose trees wet with dew –
I sat in silent musing -
The soft wind waved my hair
I told me heaven was glorious
And sleeping earth was fair -
I needed not its breathing
To bring such thoughts to me
But still it whispered lowly
How dark the woods will be ! -
The thick leaves in my murmur
Are rustling like a dream
And all their myriad voices
Instinct with spirit seem
I said go gently singer
Thy wooing voice is kind
But do not think its music
Has power to reach my mind
Play with the scented flower
The young tree's supple bough
And leave my human feelings
In their own course to flow
The wanderer would not leave me
Its kiss grew warmer still
Oh come it sighed so sweetly
I'll win thee 'gainst thy will
Have we not been from childhood friends?
Have I not loved thee long?
As long as though has't loved the night
Whose silence wakes my song
And when thy heart is laid at rest
Beneath the church yard stone
I shall have time no more to mourn
And thou to be alone
Par une langoureuse nuit d’été,
La lune d'un ciel sans nuage brillait
Par la fenêtre ouverte du salon
Assise, je songeais en silence –
Le vent qui jouait dans mes cheveux
Me révélait la splendeur des cieux
Et la beauté de la terre assoupie –
Il ne m’était nul besoin de son souffle
Pour cultiver de telles réflexions
Mais doucement, il murmurait encore :
« Combien les bois vont s’assombrir -
« Les feuillages épais sous mes murmures
Se mettent à bruire comme en un rêve
Et les myriades de leurs voix semblent
Révéler les instincts d’une âme »
J’ai dit « va-t-en gentil chanteur
Ta voix enjôleuse est charmante
Mais ne va pas croire que sa musique
Ait le pouvoir de gagner mon esprit -
« Joue avec la fleur aux mille senteurs,
Avec les branches de l’arbre juvénile –
Suivre le cours de ses sentiments. »
Le vagabond ne m’aurait pas quittée
Son baiser s’est fait plus pressant encore
Oh viens soupirait-il si gentiment
Que tu le veuilles ou non tu sera mienne
Ne sommes nous pas amis depuis l’enfance ?
Ne t’ai-je pas aimée tout ce temps ?
D’aussi longtemps que tu aimes la nuit
Dont le silence éveille ma chanson
Et quand ton cœur résidant au repos,
Sous la lame près de l’église
J’aurais tout le temps de me plaindre
Et toi de goûter ta solitude.
mercredi 22 décembre 2021
Les Lettres de la famille Brontë : sensibilité et fractures d'une fratrie de surdoués
Pour qui cherche à cerner le moi, ses manifestations, ses jeux ou ses dissimulations, la correspondance offre un terrain d’exploration particulièrement fécond. Les Lettres[1] de la famille Brontë traduites, il y a peu, par Constance Lacroix offrent la particularité de confronter le lecteur à une série de personnalités brillantes et originales qui permettront d’aborder deux des entrées préconisées par le programme de terminale dans le cadre de l’objet d’étude intitulé la « recherche de soi », les « expressions de la sensibilité » et les « métamorphoses du moi ». Les première et troisième séances s’attachent plus particulièrement à développer cette première entrée puisqu’elles sont consacrées à une approche de la sensibilité romantique et à la fascination qu’a pu exercer la plus passionnée des trois sœurs, Emily, auteure des Hauts de Hurle-Vent. Les deuxième et quatrième séances interrogent la question des mutations du moi dans le cadre du genre épistolaire et dans la perspective de la création romanesque, comment le moi se donne-t-il à voir selon le destinateur à qui le moi créateur s’adresse-t-il vraiment ?
La séquence pourra s’intercaler entre une première séquence consacrée à l’expression de la sensibilité romantique et une troisième centrée sur le thème du double en littérature éclairé par une approche psychanalytique. Le professeur aura demandé aux élèves de lire la correspondance des Brontë dans l’édition citée jusqu’à la page 348 (lettre 158 comprise). On pourra vérifier la lecture par le biais d’un qcm. Des volontaires auront été sollicités pour présenter un exposé sur l’un des romans phares de chacune des trois sœurs, Jane Eyre, Les Hauts de Hurle-Vent et La Dame de Wildfell Hall. On proposera, en évaluation, un écrit d’invention pour rompre avec le rituel des questions d’interprétation ou de réflexion dont la méthodologie ne pose pas de véritable problème.
Séquence destinées aux élèves de terminale spécialité HLP
https://nrp-lycee.nathan.fr/sequences/les-lettres-de-la-famille-bronte/
lundi 2 août 2021
No coward soul is mine ...
No coward soul is mine
dimanche 29 décembre 2019
Vanitas vanitatum, omnia vanitas d'Anne Brontë
![]() |
| Anne crayonnée par Charlotte |
In all we do, and hear, and see,
Is restless Toil and Vanity.
While yet the rolling earth abides,
Men come and go like ocean tides;
And ere one generation dies,
Another in its place shall rise;
THAT, sinking soon into the grave,
Others succeed, like wave on wave;
And as they rise, they pass away.
The sun arises every day,
And hastening onward to the West,
He nightly sinks, but not to rest:
Returning to the eastern skies,
Again to light us, he must rise.
And still the restless wind comes forth,
Now blowing keenly from the North;
Now from the South, the East, the West,
For ever changing, ne'er at rest.
The fountains, gushing from the hills,
Supply the ever-running rills;
The thirsty rivers drink their store,
And bear it rolling to the shore,
But still the ocean craves for more.
'Tis endless labour everywhere!
Sound cannot satisfy the ear,
Light cannot fill the craving eye,
Nor riches half our wants supply,
Pleasure but doubles future pain,
And joy brings sorrow in her train;
Laughter is mad, and reckless mirth--
What does she in this weary earth?
Should Wealth, or Fame, our Life employ,
Death comes, our labour to destroy;
To snatch the untasted cup away,
For which we toiled so many a day.
What, then, remains for wretched man?
To use life's comforts while he can,
Enjoy the blessings Heaven bestows,
Assist his friends, forgive his foes;
Trust God, and keep His statutes still,
Upright and firm, through good and ill;
Thankful for all that God has given,
Fixing his firmest hopes on Heaven;
Knowing that earthly joys decay,
But hoping through the darkest day.
Ann Brontë, Complete Poems of Anne Brontë, Reprint Service Corp, 1924.
En tout ce que l’on fait, entend ou voit,
Ne résident que peine sans trêve et vanité ;
Alors que la Terre en mouvement demeure,
Les hommes vont et viennent comme les marées ;
Avant que ne meure une génération,
Une autre la remplace, qui s’élève.
Et la précipite bientôt dans la tombe,
D'autres lui succèdent, comme la vague écrase la vague ;
A peine se sont-elles dressées qu’elles retombent à jamais.
Chaque jour voit le soleil se lever,
Se hâter dans sa course vers l'Ouest,
Il sombre dans la nuit, non pour se reposer,
Mais pour arpenter les chemins des ciels d’Orient,
Il lui faut alors encore se lever pour nous éclairer.
Viennent alors les vents tourmentés et ardents
Qui, à présent soufflent, du nord,
Mais tantôt du sud, de l’est ou de l’ouest ;
Pour toujours irrésolus, à jamais agités.
Les sources, jaillissant des collines,
Assurent la course éternelle des ruisseaux.
Les rivières assoiffées y prennent leur aliment
Et le portent en roulant jusqu’au rivage,
Mais l'océan ne cesse d’en vouloir davantage
Partout, ce n’est que labeur sans fin.
Er le son ne peut satisfaire l’oreille.
Nulle lumière ne contente l’œil assoiffé
Et il n’est pas de fortune pour contenter nos besoins.
Le plaisir ne fait qu’accroître la peine à venir,
Et la joie, dans sa course, apporte le chagrin.
Le rire est folie, la joie, une imprudence,
Que fait-elle sur cette terre désolée ?
La richesse et la gloire occuperaient-elles notre vie,
La mort vient détruire notre labeur,
Pour nous soustraire la coupe intacte
A laquelle nous avons tant travaillé
Que reste-t-il, dès lors, à l’homme infortuné ?
Qu’il profite, tant qu’il le peut, des plaisirs de la vie.
Qu’il profite des bienfaits que le ciel lui accorde,
Qu’il assiste ses amis, et pardonne à ses ennemis.
Qu’il croie en Dieu, et ne change rien à ses lois,
Droit et ferme dans le bien comme dans le mal ;
Empli de gratitude pour tout ce que Dieu lui donna,
Plaçant au ciel ses plus fermes espoirs,
Sachant que les joies d’ici-bas fanent vite,
Espérant, à travers les jours les plus sombres.
mercredi 31 juillet 2019
"Jane Eyre" de R. Stevenson
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| Elizabeth Taylor et Peggy Ann Garner |
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| La scène du mariage manqué, Orson Welles et Joan Fontaine. |
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| Un cinéma expressionniste. |
dimanche 20 janvier 2019
Emily Brontë en France
Aujourd’hui sa silhouette fantomatique errant à jamais dans l’immensité de l’âpre lande où elle a situé la sombre intrigue de son roman, fait partie du folklore que des milliers de touristes vont, chaque année, chercher à Haworth, le village où elle a passé la quasi-totalité de sa brève existence.
L’Emily des biographes et essayistes
Dans un pays qui s’est enthousiasmé pour le mythe du poète maudit soigneusement élaboré par Verlaine, son double féminin d’outre-Manche ne pouvait que rencontrer le succès. La première traduction de Wuthering Heights, le roman d’Emily Brontë, est due à Téodor de Wyzewa (1) qui dans une longue préface cherche à percer les mystères de l’auteur de ce livre si étrange, qu’il a choisi d’intituler Un amant.
http://actualites.ecoledeslettres.fr/litteratures/emily-bronte-en-france/#more-27947
lundi 31 juillet 2017
Emily Brontë, cent quatre vingt dix neuvième anniversaire de sa naissance
jeudi 16 juin 2016
samedi 28 mai 2016
Les Brontë à Bruxelles
Le 21 avril 2016, on célébrera le bicentenaire de la naissance de Charlotte Brontë. La romancière est certes connue pour son célébrissime « Jane Eyre », mais aussi pour avoir été la sœur d’Emily, auteur d’un chef-d’œuvre absolu, «Les Hauts de Hurle-Vent ». La « Brontë Society », qui a son siège au Brontë Parsonage Museum d’Haworth (le presbytère de ce village du Yorkshire où les soeurs ont passé la majeure partie de leurs brèves existences), se prépare à célébrer l’événement en multipliant les initiatives : commémorations diverses, conférences et publications. Et les librairies anglaises placent sur leurs gondoles, au milieu des best-sellers, la dernière biographie de Charlotte due à la plume experte et plusieurs fois primée de Claire Harman.Sur le continent, l’éditeur belge CFC-Éditions anticipe le bicentenaire en publiant une traduction d’une excellente étude d’Helen MacEwan, écrivain d’origine britannique et Bruxelloise d’adoption, Les Sœurs Brontë à Bruxelles. L’ouvrage revient sur les deux années passées par Charlotte à Bruxelles. En février 1842, cette dernière, accompagnée par sa cadette, la taciturne Emily, débarque dans la capitale belge pour y parfaire son français. Elle a l’intention d’ouvrir, dans les murs du presbytère de Haworth, une école pour jeunes filles, et est persuadée que l’enseignement du français pourrait y attirer les jeunes femmes de la bourgeoisie avoisinante.
L’ouvrage d’Helen MacEwan s’intéresse autant à la biographie des deux sœurs qu’à la ville de Bruxelles dans les années 1840. Une riche documentation iconographique illustre le propos et permet au lecteur de découvrir les lieux qui ont inspiré Villette, le dernier roman de Charlotte Brontë, considéré par beaucoup (dont Virginia Woolf) comme son chefd’œuvre. La ville de Villette est, en réalité, Bruxelles, et l’intrigue reprend sur le mode fantasmatique les errances sentimentales de l’auteur.
L'intégralité de l'article sur :
http://www.ecoledeslettres.fr/actualites/arts/21670/
lundi 21 décembre 2015
"Les soeurs Brontë à 20 ans", Au Diable Vauvert
lundi 29 décembre 2014
Haworth de Carol Ann Duffy
Peu connue en France Carol Ann Duffy occupe un rôle de premier plan sur la scène littéraire nationale anglaise : http://www.famousauthors.org/carol-ann-duffyThe summer grass under my palm is your hair,
Your taste is the living air.
I lie on my back. Two juggling buterflies are your smile,
The heathery breath of the moor’s simply your smell.
Your name sounds on the coded voice of the bell.
I’ll go nowhere you’ve not.
The bleached dip in creatures’s bone’s your throat,
That high lark, whatever it was you thought.
And this ridge stone your hand in mine,
and the curve of the turning earth your spine,
and the swooning bees besotted with flowers your tune.
I get up and walk. The dozing hillside is yout dreaming head.
The cobblestones are every word you said.
The grave I kneel beside, only your bed.
dimanche 1 avril 2012
Une édition des poèmes d'Emily Brontë

Les éditions du Seuil reprennent une édition des Cahiers de poèmes d'Emily Brontë présentée et annotée par Claire Malroux en 1996 pour Corti. La présentation du texte, les traductions sont soignées. Le titre est dû au fait qu'Emily Brontë avait recopié et sélectionné elle-même un certain nombre de poèmes dont elle acceptait la publication, ce choix consigné dans deux cahiers, explique le titre de ce recueil. La lecture de ces poèmes complétera utilement celle de Wuthering heights.
Emily Brontë, Cahiers de poèmes, traduit et présenté par Claire Malroux, Points Seuil, 2012.
jeudi 1 mars 2012
Les Hauts de Hurle-Vents, séquence 4e
Il aura fallu le succès planétaire du Twilight de Stephenie Meyer et l’identification de milliers de lectrices à la jolie Bella pour attirer de nouveau l’attention sur Wuthering Heights (Les Hauts de HurleVent dans la traduction de Frédéric Delebecque): «Qu’est-ce qui t’attire autant dans ce livre?», demande Edward, le vampire énamouré, à sa bien-aimée Bella. «Je ne sais pas trop, répond-elle. L’inéluctable peut-être. La façon dont rien n’arrive à les séparer.»Ce simple dialogue a permis de multiplier par cinq les ventes du roman d’Emily Brontë entre 2007 et 2008, et le phénomène n’est pas terminé puisque le cinéma s’en empare. Deux adaptations nouvelles,l’une de Wuthering Heights, l’autre de Jane Eyre, le roman de Charlotte Brontë, sont prévues pour 2012. Rien n’interdit donc au professeur de français de faire preuve d’opportunisme, d’autant que, si la lecture de Twilight: La Fascination ne pose généralement aucun problème, celle des Hauts de Hurle-Vent se révèle autrement plus dense. On ne passe pas sans désappointement du degré zéro de l’écriture à une œuvre littéraire visionnaire, profonde et complexe.On peut évidemment s’interroger sur les raisons du succès de Twilight et de ses retombées collatérales: il y a le romantisme, bien sûr, l’idée d’un amour «iné- luctable» devenue d’autant plus nécessaire à notre société qu’elle ne cesse de s’éloigner des idéaux romantiques pour s’ancrer toujours davantage dans le consumérisme et le non-sens économique. Il y a aussi, semble-t-il, l’existence de figures masculines fortes, quasi sauvages. En effet, Heathcliff, Rochester et Edward ont un point commun: ils sont animés d’une force destructrice que seul l’amour (et surtout l’aimée) peut apaiser; ils relèvent de l’archétype: la masculinité telle que la fantasme le féminin. À ce stade, seule la sociologie pourrait nous renseigner, mais il semble que, dans l’ère post-féministe qui est la nôtre, la masculinité soit en quête d’identité.Faire lire Les Hauts de Hurle-Vent au collège, c’est donc entrer de plain-pied dans cette rencontre magique qui s’opère parfois entre les questions diffuses que pose l’actualité et l’éternelle vitalité des classiques.

















