Révision

La plupart des articles (traductions exceptées) ont été révisés au cours de l'automne 2014, d'où certains anachronismes au regard de la date de publication.

mercredi 31 juillet 2019

"Jane Eyre" de R. Stevenson

Introuvable depuis quelques années, la version de Jane Eyre réalisée par Robert Stevenson et diffusée en 1944 vient d’être rééditée chez Rimini éditions. Est-ce la fortune récente des romans brontëens au cinéma qui a motivé à cette reprise ? On ne peut en tout cas que se réjouir de cette réédition car le film, même s’il n’est pas un modèle de fidélité à la trame romanesque de Charlotte Brontë, repose sur une distribution exceptionnelle et constitue l’une des « perles du cinéma de Stevenson, cinéaste [pourtant] banal » si l’on en croit Raymond Bellour dans l’un des suppléments adjoints au film sur le dvd. 
Contrairement aux versions plus récentes de Zeffirelli ou Fukunaga, Stevenson raccourcit singulièrement l’épisode de l’enfance et élide complètement la dernière partie du roman où Jane, recueillie par Saint-John et ses sœurs se reconstruit une existence indépendante, prouvant par là, qu’une femme, comme un homme, peut s’assumer seule et choisir sa destinée. L’épisode participe du message féministe de l’œuvre et l’on peut regretter sa disparition, d’autant plus qu’il vient faire contrepoint à la situation initiale. Rappelons qu’au début du roman de Charlotte Brontë, Jane est confrontée à son cousin (John Reed) et à ses deux sœurs et que l’épisode dont nous parlons, situé peu avant le dénouement, met aussi Jane en présence d’un cousin (Saint-John) et de deux cousines. Ces triades de cousins sont évidemment une expression fantasmée de la fratrie Brontë et leur récurrence manifeste la littérarité de l’œuvre. Structure récurrente, elles sont évidemment une transposition fantasmée de la famille Brontë. 
Elizabeth Taylor et Peggy Ann Garner
Anne Marie Baron dans l’un des suppléments nous explique que si l’épisode de l’enfance a été réduit, c’est pour amener plus vite les rôles vedettes, Joan Fontaine et Orson Welles. Et pourtant, malgré sa brièveté, l’épisode de l’enfance est rapporté avec une force inégalée qui tient d’abord au choix des actrices. Elizabeth Taylor, l’« enfant au regard d’adulte », ‑ d’après les réalisateurs de l’époque ‑ prête ses traits au personnage d’Helen Burns. Par son exceptionnelle présence et sa maturité précoce, elle incarne littéralement ce personnage trop sage au destin tragique qui permettait à Charlotte Brontë de fustiger les excès d’une certaine religiosité. 
Peggy Ann Garner demeure sans doute la plus convaincante des interprètes du personnage de Jane enfant, son physique gracile et candide manifeste la fragilité du personnage, mais la justesse de son jeu dans les scènes où elle est confrontée à des adultes et les éclairs de son regard qui traduisent une colère contenue annoncent le potentiel de révolte du personnage dans la suite du récit. Peggy Ann Garner devait obtenir deux ans plus tard l’oscar du meilleur espoir féminin pour son interprétation dans le Lys de Brooklyn d’Ellia Kazan. 
Joan Fontaine est, en 1944, une immense vedette, elle a tourné avec les plus grands (Griffith, Cukor, Hitchcock). Malgré le mépris qu’affichera Welles à son égard ‑ Anne-Marie Baron nous rapporte ces propos peu élogieux du maître : « elle n’a au fond que deux expressions » ‑ la comédienne livre du personnage une interprétation tout en nuances. Et si elle semble, dans certaines scènes, littéralement écrasée par Orson Welles, c’est que le film traduit, comme le souligne Anne-Marie Baron l’étrange complexité des rapports de domination. Orson Welles quant à lui, prête son aura au personnage de Rochester. 
Son arrivée et la rencontre qui s’en suit son filmées de manière magistrale. Le personnage surgit dans un décor de brume nocturne et son cheval se cabre menaçant de piétiner Jane et provoquant la chute de son maître. Même si l’épisode est détournée de sa signification, ‑ dans le roman la chute est un moment prémonitoire qui annonce la déchéance future du héros c’est aussi un moyen pour Charlotte Brontë de jouer avec les stéréotypes de la rencontre ‑ il permet d’emblée à Orson Welles d’affirmer son autorité naturelle et de moduler cette thématique de la domination qui parcoure effectivement toute l’œuvre. Le rapport quasi masochiste que Jane entretient avec Rochester, transparait dans la dernière réplique de la scène « Donnez-moi mon fouet ! » ordonne un Rochester intraitable et Jane de s’exécuter aussitôt. 
La scène du mariage manqué, Orson Welles et Joan Fontaine.
Orson Welles joue certes un Rochester plutôt convaincant, aller jusqu’à dire qu’il en fait un « personnage shakespearien » (A.-M. Baron) est peut-être un peu excessif. Rochester n’est finalement, dans le roman de Charlotte Brontë, que la vision fantasmée de l’homme que pouvait avoir une jeune femme soumise aux intransigeances de l’éducation victorienne. Il est plus une caricature d’homme qu’un personnage en tout point crédible. Est-ce cet aspect caricatural qu’aurait saisi Orson Welles ? Il y a, quoiqu’il en soit, de l’excès dans son jeu, les gestes emphatiques et les roulements d’yeux frisent l’outrance mais l’indéniable prestance du comédien et la force de son regard conviennent à merveille à l’aspect dominateur du personnage. 
Cette version de 1944 vaut donc par ses interprètes mais elle n’est pas exemptes de qualités plastiques, Raymond Bellour dans les suppléments souligne l’exceptionnelle qualité de l’éclairage et on ne peut que souscrire à ce jugement. Le film, en noir et blanc repose sur une photographie soignée qui joue avec maestria de la lumière pour restituer l’inquiétante atmosphère gothique du roman. C’est d’ailleurs, si l’on compare avec les versions ultérieures de Zeffirelli (1996) et Fukunaga (2011), celui qui redonne avec le plus d’efficacité cette dimension essentielle du roman : cimetière, lande brumeuse, pensionnat lugubre, château médiéval : les décors sont travaillés par une esthétique expressionniste du contraste qui joue sur l’ombre et la lumière et rend avec force l’atmosphère fantastique propre au registre gothique. 
L’influence d’Orson Welles a-t-elle joué sur les choix du réalisateur ? On retrouve, comme le note Anne Marie Baron, certaines techniques chères à l’auteur de Citizen Kane et du Procès, les plans séquences ou le jeu sur la profondeur de champ. La première scène où l’on voit arriver Helen burnes place Jane seule au milieu d’une vaste salle, découpée par les ombres inquiétantes des piliers. À l’arrière plan, descendant d’un escalier compliqué, arrive Helen, filmée comme une sorte de petit lutin et qui brise l’effroyable solitude de l’héroïne. La scène du mariage manquée joue également avec la perspective d’une façon remarquable. Les héros pris dans une aura lumineuse sont à l’arrière plan enserré dans un couloir sombre fait de piliers gothiques. Le travelling avant qui s’ensuit traduit le point de vue de Mason qui va empêcher le mariage. 
On retrouve derrière l’aspect spectaculaire de ces scènes la manière d’Orson Welles, mais rien ne dit qu’il intervint directement dans la mise en scène. Si le film n’est pas la plus fidèle des adaptations – on peut préférer l’interprétation de Charlotte Gainsbourg dans le film de Zeffirelli ou le scénario de Fukunaga – il constitue l’une des premières adaptations parlantes honorables du roman. Il coupe certes dans la trame de l’intrigue mais il sait restituer l’ambiance gothique et se réfère de façon explicite à l’œuvre de Charlotte Brontë. Anne-Marie Baron montre comment Robert Stevenson a su littéralement mettre en scène l’écriture, « la page de roman ». En effet, à certains moments clés de l’intrigue, un passage du roman est filmé en même temps que lu par Joan Fontaine. Ce sont les passages de transition qui sont ainsi mis en évidence, transitions d’autant plus nécessaires que le scénario a procédé a d’importantes coupes dans la trame du roman. 
Un cinéma expressionniste.
Le film se met ainsi en perspective et rappelle le texte fondateur (l’hypotexte) et rendant hommage à la dimension littéraire de l’intrigue. Outre le film et sa version française, le dvd contient : « Dans l’ombre d’Orson Welles » (7’37) : intervention d’Anne-Marie Baron qui montre l’influence d’Orson Welles sur la réalisation du film; « Jane Eyre et la littérature féminine anglo-saxonne » (9’) : mini conférence de Claire Bazin, à qui l’on doit une excellente étude du roman de Charlotte Brontë, Jane Eyre, le Pèlerin moderne, éditions du Temps ainsi qu’une étude sur La Vision du mal chez les sœurs Brontë aux Presses universitaires du Mirail; « Jane Eyre sur grand écran » (8’) : Propos croisés d’Anne-Marie Baron et Raymond Bellour (spécialiste du cinéma).

Article publié dans », L’École des lettres, n°1, 2014-2015 (site).

dimanche 28 juillet 2019

"To a mistresse dying" de William Davenant

Caspar Friedrich, "Femme au soleil couchant", 1808.
L’Amant (1).

Ta beauté fraîche, sereine et mature
Comme un été indien,
Renonçant à la chair, à la nature,
Aux étoiles, s’adjoint.

Le Philosophe.

Elle vivait, les astres s’étiolaient,
Retrouvant par elle un peu de clarté ;
Mais la Mort à l’ombre la conduirait
Là où s’éteignent amour et beauté.

L’Amant.

L’amant, pour qui le poète est prêtre,
Croit que sa maîtresse, quand elle meurt,
En étoile, voit renaître son être :
Et qui pour contredire le rimeur ?

Le Philosophe.

Ne demandez pas au corps qui s’éteint
Quel sera son séjour;
Puisque le savoir, espion du chagrin,
Ne donne nul secours.

William Davenant (1606-1668), "To a mistress dying".

1. Le mot est à prendre dans le sens classique, que lui donne Molière par exemple, de "celui qui aime".

Lover.

YOUR beauty, ripe and calm and fresh
   As eastern summers are,
Must now, forsaking time and flesh,
   Add light to some small star.

Philosopher.

Whilst she yet lives, were stars decay'd,
   Their light by hers relief might find;
But Death will lead her to a shade
   Where Love is cold and Beauty blind.

Lover.

Lovers, whose priests all poets are,
   Think every mistress, when she dies,
Is changed at least into a star:
   And who dares doubt the poets wise?

Philosopher.

But ask not bodies doom'd to die
   To what abode they go;
Since Knowledge is but Sorrow's spy,
   It is not safe to know.urs.



dimanche 3 février 2019

Nouveau look pour Gilgamesh

Le récit de Gilgamesh, publié initialement à l'école des loisirs en 2010 est une réécriture de l'épopée antique dans sa version ninivite.

Le livre présente donc le contenu des douze tablettes, retrouvées dans le palais d'Assurbanipal, l'épisode d'Ishtar aux enfers et un dossier qui évoque
- La Mésopotamie antique
- Une chronologie des cités
- La fig
ure de Gilgamesh
- La formation de la légende
- La redécouverte de la version ninivite
- La construction de l'épopée
- La douzième tablette
- La légende d'Ishtar aux enfers

Séquence dans l'école des lettres n° 2-3 de 2010-2011.

Une critique dans la Revue des livres pour enfants
Inanna (Ishtar),
British Museum

Remarquable édition abrégée à l’intention des jeunes mais aussi pourra-t-elle être une bonne première lecture pour tous ceux qui hésiteraient à se lancer dans un texte lacunaire, difficile. Ici, le texte a été habilement réécrit pour que la lecture soit aisée sans retirer l’esprit du texte. Il est suivi d’une tablette tardive qui narre la descente d’Enkidu aux enfers et « la descente d’Ishtar aux enfers » qui ont le mérite de nous donner une idée des conceptions des anciens Mésopotamiens de l’ « après vie ». On trouvera en outre, en fin de volume un index très utile car les noms des dieux mésopotamiens ne nous sont point familiers, une bibliographie aussi brève qu’intéressante et , surtout, une présentation claire et rapide de la Mésopotamie. On ne peut que recommander sa lecture à tous – on peut lire à haute voix ce beau texte : il sonne bien. L’émotion nous saisit au récit de ces aventures, de la douleur indicible de Gilgamesh quand Enkidou meurt, de sa peur de mourir et de cette quête désespérée qui se termine dans une sorte de paix. Chef d’œuvre qui n’a pas pris une ride depuis plus de quatre mille ans ! E.C. Revue des livres pour enfants, sept. 2010.

dimanche 20 janvier 2019

« Le Monde antique de Harry Potter », de Blandine et Valentine Le Callet

À qui ne serait pas convaincu, vingt ans après l’apparition de Harry Potter sur les étals des libraires, de la littérarité d’une œuvre dont la popularité excède tout ce que le monde de l’édition a connu à ce jour, il conviendrait de faire lire l’encyclopédie de Blandine Le Callet,
Le Monde antique de Harry Potter, récemment publiée chez Stock. L’ouvrage constituera une mine d’informations pour le professeur de lettres classiques qui voudrait aborder l’apprentissage du vocabulaire ou les mythes antiques par un détour ludique. Blandine Le Callet, qui enseigne le latin à l’université de Paris XII a traduit le théâtre de Sénèque [1] pour les éditions Gallimard et publié un ouvrage consacré à la naissance et au développement du concept de monstruosité dans la Rome antique [2], semblait donc naturellement désignée pour interroger la saga Harry Potter qui fourmille de monstres en tout genres et de formules magiques sibyllines et humoristiques destinées à les conjurer.
 Le latin langue privilégiée de la magie Les nombreux articles qui éclairent le sens des formules magiques ou des mots de passe utilisés par les protagonistes de la saga montrent que le latin est la langue privilégié de la magie. Il permet de véhiculer une parole performative qui, conformément aux lois du monde de la sorcellerie, agit sur le monde. La plupart des sorts sont d’ailleurs constitués de sujets + prédicats – confringo (« je brise »), confundo (« je trouble », « je mélange »), evanesco (« je disparais »), expulso (« je lance », « je renvoie ») – ou de mots valise comme expelliarmus qui combine expellere (« chasser ») et armus (« l’arme »).

http://actualites.ecoledeslettres.fr/litteratures/litterature-de-jeunesse-litteratures/le-monde-antique-de-harry-potter-de-blandine-et-valentine-le-callet/

Mary Shelley ou l'encre noire de la mélancolie

Avec Frankenstein Mary Shelley propulsait l’esprit des Lumières dans le XIXe siècle, et sans doute ne le savait-elle pas, au-delà. Puisque son médecin illuminé et sa créature devaient embraser de leur lumière sombre tout l’imaginaire des deux siècles à venir.
 Il semble toutefois que ce ne soit moins la force du mythe qui ait intéressé la réalisatrice du bio pic Mary Shelley, Haifaa Al-Mansour, que les ressorts intimes de la création artistique. Dans un monde sans Dieu, le mythe importe moins que la vérité des êtres.

De la genèse des chefs d’œuvre 

Avec son Mary Shelley, plutôt mal accueilli par la critique, Haifaa Al-Mansour s’est livrée à un exercice que le cinéma hollywoodien semble affectionner depuis quelques années : décrire la genèse d’un chef d’œuvre. Ainsi John Madden en 1998, imaginait-il, de façon très fantaisiste, les origines de Roméo et Juliette dans Shakespeare in love ; en 2006, c’était au tour de Marc Foster de s’intéresser au Peter Pan de James Barrie dans Neverland, et récemment, en 2015, c’est à Moby Dick de Melville que s’attaquait Ron Howard avec Au cœur de l’Océan. Alors certes, il est question dans le film d’Haifaa Al-Mansour des influences extérieures qui ont pu stimuler l’imagination de la jeune Mary : le galvanisme, les séductions du roman gothique, l’aura que la littérature a conférée à ses parents écrivains, le fameux épisode de la villa Diodati où Byron devait lancer l’idée d’un concours d’écriture. Mais son film est avant tout un grand film sur le deuil, l’abandon et la résilience.

Quitte à provoquer une lecture un peu univoque de Frankenstein, la réalisatrice insiste avant tout sur les ressorts psychologiques qui ont conduit une jeune femme de dix-huit ans à concevoir cette étrange histoire de monstre abandonné par son créateur. Les premières images du film sont, à ce titre, éloquentes : alors que le générique déroule encore le casting, le spectateur entend les chuintements d’une plume qui égratigne un manuscrit, un ciel nuageux se dégage ; la phrase « There is something at work in my soul » (« Quelque chose est au travail dans mon âme ») s’y inscrit. La caméra saisit ensuite la jeune Mary Godwin Wollstonecraft qui lit un roman gothique sur la tombe de sa mère. En deux images, le lien est fait entre deuil et création.

http://actualites.ecoledeslettres.fr/arts/cinema/mary-shelley-de-haifaa-al-mansour-ou-lencre-noire-de-la-melancolie/

Emily Brontë en France

Morte à trente ans, auteure d’un unique roman, Wuthering Heights (Les Hauts de Hurle-Vent en français) publié en 1847 et qui demeura longtemps dans l’ombre d’un autre chef d’œuvre, le Jane Eyre de sa sœur Charlotte, Emily Brontë est longtemps demeurée un mystère.

 Aujourd’hui sa silhouette fantomatique errant à jamais dans l’immensité de l’âpre lande où elle a situé la sombre intrigue de son roman, fait partie du folklore que des milliers de touristes vont, chaque année, chercher à Haworth, le village où elle a passé la quasi-totalité de sa brève existence.

L’Emily des biographes et essayistes

 Dans un pays qui s’est enthousiasmé pour le mythe du poète maudit soigneusement élaboré par Verlaine, son double féminin d’outre-Manche ne pouvait que rencontrer le succès. La première traduction de Wuthering Heights, le roman d’Emily Brontë, est due à Téodor de Wyzewa (1)  qui dans une longue préface cherche à percer les mystères de l’auteur de ce livre si étrange, qu’il a choisi d’intituler Un amant.

http://actualites.ecoledeslettres.fr/litteratures/emily-bronte-en-france/#more-27947

Sept contre-vérités sur l'éducation de Daisy Christodoulou

La Librairie des écoles vient de publier un ouvrage qui, en Angleterre, a soulevé de vives polémiques, sans doute parce qu’il prend le contre-pied des réformes mises en place depuis quelques décennies dans l’enseignement.
Il s’agit de Sept contre-vérités sur l’éducation, de Daisy Christodoulou. Jean Nemo, fondateur de La Librairie des écoles, explique, en introduction, l’intérêt d’un tel ouvrage pour les enseignants français. La promotion des compétences au détriment des connaissances n’est pas un phénomène spécifiquement français, elle s’est effectuée de la même manière en Angleterre ainsi que dans d’autres pays européens et s’accompagne du même désenchantement lorsqu’on se penche sur les évaluations des élèves. Baisse du niveau de lecture à l’entrée au collège, piètres performances en mathématiques…
Jean Nemo en arrive donc à la conclusion qu’il faut savoir « remettre en cause les méthodes d’enseignements et agir ». De quelques « mythes » Mais agir comment ? En se fondant sur les conclusions mises en avant par les neurosciences et oser braver les contre-vérités largement diffusées dans les milieux dirigeants et dans les écoles de formation des enseignants. Recensons donc ces « contre-vérités » – Daisy Christodoulou utilise en réalité le mot « mythe », moins polémique – que pointe l’auteur de l’ouvrage :
 – comprendre est plus important que connaître ; 
 – un enseignement trop guidé rend les élèves passifs ; 
 – le XXIe siècle rend obsolète les vieilles méthodes d’enseignement ; 
 – les élèves pourront toujours faire des recherches en ligne ; 
 – il faut enseigner des compétences transversales plutôt que des connaissances figées ; 
 – c’est par les projets et les activités que les élèves apprennent le mieux ; 
 – transmettre des connaissances, c’est endoctriner les élèves.

http://actualites.ecoledeslettres.fr/education/sept-contre-verites-sur-leducation-de-daisy-christodoulou/