Révision

La plupart des articles (traductions exceptées) ont été révisés au cours de l'automne 2014, d'où certains anachronismes au regard de la date de publication.
Affichage des articles dont le libellé est critique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est critique. Afficher tous les articles

lundi 3 novembre 2025

Redécouvrir Kathleen Raine grâce à la réédition de Sur un rivage désert

De façon assez inattendue, les Collected Poems de la poétesse et écrivaine britannique tombent au programme de l’agrégation d’anglais 2026, et son recueil Sur un rivage désert est réédité ainsi que des textes publiés il y a plus de quarante ans. Sa voix appelle l’espoir et sa poésie n’a de cesse de scruter le rapport intime de l’être à la nature.

En 1978, paraissaient deux recueils de poèmes de Kathleen Raine, Isis errante (une anthologie) et Sur un rivage désert, ouvrage publié cinq ans plus tôt en Angleterre. François-Xavier Jaujard, fondateur des éditions Granit, faisait ainsi entendre pour la première fois en France les vers de cette immense poétesse, alors totalement inconnue. La même année, paraissait chez Stock le premier tome de son autobiographie, Adieu prairies heureuses, qui devait rencontrer un grand succès ; il serait d’ailleurs récompensé, en 1979, par le prix du Meilleur Livre étranger.

https://www.ecoledeslettres.fr/redecouvrir-kathleen-raine-grace-a-la-reedition-de-sur-un-rivage-desert/



jeudi 9 octobre 2025

Adèle Hugo par Laura El Makki

 


Laura El Makki se penche sur les mystères qui enveloppent la vie de la fille de Victor Hugo, musicienne et féministe, de son exil à Jersey jusqu’à son internement au château de Suresnes. Le texte est préfacé par Isabelle Adjani qui l’a incarnée à l’écran.

Pour toute une génération, Adèle Hugo a eu le visage d’isabelle Adjani. Dans L’histoire d’Adèle H., réalisé par François Truffaut en 1975, la comédienne a su à merveille incarner les tourments, la déréliction et la folie de la fille du poète des Contemplations. C’est donc naturellement Isabelle Adjani qui écrit la préface du dernier ouvrage de Laura El Makki, Adèle Hugo, ses écrits, son histoire. L’actrice revient sur ce film monomaniaque où François Truffaut s’attachait à filmer le visage d’une jeune femme qui le fascinait : « Le visage de la fin, conclut-elle, le mien dans le film, celui de la folie et de l’internement, sera d’une pauvreté essentielle, comme une sorte d’état absolu de la chair que plus personne ne pourra, dès lors, ni atteindre, ni abandonner. » Là réside le drame d’Adèle, dans cet abandon qui n’est que le dernier d’une longue série.

Remplacer l’irremplaçable

Adèle Hugo finit-elle dans la folie ou fut-elle, comme bien des jeunes femmes de cette époque troublée, la victime d’une société qui ne pouvait reconnaître le désir féminin ? Les analogies entre la fille du poète et l’héroïne de Victoria Mass[1] sont troublantes : toutes deux communiquent avec les morts, toutes deux entretiennent un lien privilégié avec un frère sensible à leur isolement, toutes deux seront internées, mais là s’arrête la ressemblance. Adèle Hugo fut certes une victime, mais Laura El Makki pose la question autrement : « La folie dont ses contemporains et la postérité l’ont si facilement affublée n’était-elle pas plutôt une forme de mélancolie ou de dépression, nourrie par la dureté d’un exil qui a effacé tout horizon et toute interaction sociale, qui a célébré les absents quand les présents, eux ne demandaient qu’à vivre ? »

https://www.ecoledeslettres.fr/adele-hugo-ses-ecrits-son-histoire-de-laura-el-makki-biographie-illustree/

vendredi 14 février 2025

Les Sept Maisons d’Anna Freud, d’Isabelle Pandazopoulos : au nom de la fille

 Dans un roman en prisme, Isabelle Pandazopoulos ressuscite la figure énigmatique d’Anna Freud, un personnage loin de la dogmatique héritière que l’histoire de la psychanalyse a trop souvent mise en avant et pionnière de la clinique des enfants.

Une image d’Épinal fait d’Anna Freud la gardienne du temple de son père Sigmund Freud, la continuatrice, celle qui, arc-boutée sur les dogmes paternels, se serait battue bec et ongles pour sacraliser son œuvre. Le père de la psychanalyse l’avait surnommée son « Antigone », et une photo bien connue, prise dans les Dolomites en 1913 et la montrant à son bras, semble lui donner raison.

https://www.ecoledeslettres.fr/les-sept-maisons-danna-freud-disabelle-pandazopoulos-au-nom-de-la-fille/