Révision

La plupart des articles (traductions exceptées) ont été révisés au cours de l'automne 2014, d'où certains anachronismes au regard de la date de publication.
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jeudi 3 juillet 2025

La littérature a-t-elle pour vocation d’éduquer à la sensibilité ? Sujet d'HLP 2025

 Pour Condorcet, l’éducation première devrait consister à éveiller la compassion envers les animaux ou les humains. Le développement de la sensibilité entraînerait la sollicitude et garantirait de l’égoïsme et de l’indifférence envers autrui ? Mais comment éduquer à la sensibilité ? Si les éducations intellectuelle et morale semblent aller de soi, l’éducation à la sensibilité est plus problématique. Faut-il, dès lors, envisager les disciplines artistiques et la littérature en particulier comme des vecteurs privilégiés de cette éducation ? La littérature aurait-elle vocation à éduquer la sensibilité ? Sans doute faut-il se poser la question de savoir si la littérature a « vocation » à éduquer, avant de questionner son rapport à la sensibilité et de voir enfin en quoi la littérature interroge particulièrement la sensibilité ?

I. La littérature doit-elle être utilitaire ?

La littérature a-t-elle « vocation à » quelque chose ? Cette question traverse toute son histoire. Si les Romantiques au XIXe reconnaissent à la littérature une fonction politique et sociale – on sait les engagements de Victor Hugo contre le travail des enfants, la peine de mort, la tyrannie –, les Parnassiens dans la deuxième moitié du XIXe leur opposent une doctrine de l’art pour l’art. Celle-ci a été inspirée en partie par Théophile Gautier qui écrivait, dans sa préface à Mademoiselle de Maupin : « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien…. »



mardi 6 mai 2025

Feurbach et le fanatisme

 Question de réflexion littéraire : « Le doute, ce principe de liberté scientifique, doit me paraître un crime », écrit Feuerbach à propos de la religion. Pensez-vous, qu’à l’inverse, la littérature ait pour vocation de cultiver le doute ?

Erreur dans la présentation : les questions de réflexions et d'interprétation onté éte inversée.



mardi 17 décembre 2024

L'Avant-garde selon Ionesco

Question d'interprétation à partir de cet extrait :

Voilà donc ce que veut dire l’avant-garde : un théâtre qui prépare un autre théâtre, définitif – celui-là. Mais rien n’est définitif, tout n’est qu’une étape, notre vie elle-même est essentiellement transitoire : tout est, à la fois, aboutissement de quelque chose, annonciateur d’autre chose. Ainsi peut-on dire que le théâtre français du XVIIe siècle prépare le théâtre romantique (qui ne vaut pas grand-chose, d’ailleurs, en France) et que Racine et Corneille sont à l’« avant-garde » du théâtre de Victor Hugo, lui-même à l’« avant-garde » de ce qui lui a succédé en le reniant.

Et encore : le mécanisme de positions et oppositions est bien plus compliqué que ne se l’imaginent le simplistes de la dialectique. Il y a des « avant-gardes » fructueuses qui sont nées de l’opposition à des réalisations des générations précédentes ou encore qui sont permises ou facilités par un retour à des sources, à des œuvres anciennes et oubliés. Shakespeare est toujours bien plus actuel que Victor Hugo (déjà cité) ; Pirandello[1] bien plus à l’avant-garde que Roger Ferdinand[2] ; Büchner[3] infiniment plus vivant, plus poignant que, par exemple, Bertold Brecht[4] et ses imitateurs de Paris.

Et voilà où les choses semblent se préciser : l’avant-garde, en réalité, n’existe pas ; ou plutôt elle est tout à fait autre chose que ce qu’on pense qu’elle eest.

L‘« avant-garde » étant bien entendu révolutionnaire, elle a été et continue d’être jusqu’à présent comme la plupart des événements révolutionnaires, un retour, une restitution. Le changement n’est qu’apparent : cet « apparent » compte énormément, car c’est lui qui permet (à travers et au-delà du nouveau) la revalorisation, le rafraichissement du permanent.

Ionesco, Notes et contre-notes, Gallimard, 1986.

https://nrp-lycee.nathan.fr/sequences/langues-et-cultures-de-lantiquite/



[1] Luigi Pirandello (1867-1936), dramaturge italien connu pour Six personnages en quête d’auteur (1921), prix Nobel de littérature en 1934.

[2] Roger Ferdinand (1898-1967), dramaturge français qui s’inscrit dans la tradition du théâtre de boulevard.

[3] Georg Büchner (1813-1837) : auteur romantique allemand, connu pour son théâtre (La Mort de Danton, 1835) et ses nouvelles.

[4] Bertold Brecht (1898-1956) : dramaturge allemand, d’obédience marxiste, auteur de Mère courage et ses enfants (1938), La résistible ascension d’Arturo Ui (1941).






mardi 10 décembre 2024

Autant en emporte le vent ou le souffle destructeur de l’histoire (sujet type bac HLP)


Alors qu’elle demeurait prostrée, trop faible pour réagir les souvenirs et les craintes l’assaillirent comme des vautours attirés par la mort. Elle n'avait plus la force de dire ; « Je penserai à Maman et à Papa et à Ashley et à tout ce désastre plus tard … Oui, plus tard quand je pourrai le supporter. » Mais qu’elle l’eût on non voulu, c’était maintenant, alors qu’elle ne pouvait pas le supporter, qu’elle pensait à eux. Les pensées tournoyaient et fondaient sur elle, plongeant et enfonçant leurs griffes acérées et leurs becs tranchants dans son esprit. Pendant un temps infini, elle resta inerte, sous les rayons d’un soleil implacable, le visage dans la poussière, se souvenant de choses et de personnes qui étaient mortes, se remémorant un mode de vie à jamais disparu et contemplant les perspective d’un avenir bien sombre.

Lorsqu’elle se releva enfin et vit de nouveau les ruines noircies des Douze Chênes, elle avait la tête haute mais son visage avait définitivement perdu une part de sa jeunesse, de sa beauté et de son aptitude à faire preuve de tendresse. Le passé était le passé. Les morts étaient bien morts. Le luxe paresseux des jours anciens avait disparu et ne reviendrait plus. Et tandis qu’elle ajustait le lourd panier à son bras, Scarlett était résolue, elle savait quelles règles régiraient dorénavant sa vie et son esprit.

Il n'y avait pas de retour en arrière possible, désormais elle irait de l’avant. Dans tout le Sud et durant les cinquante années à venir, il y aurait des femmes qui jetteraient un œil amer sur des temps révolus, sur des hommes disparus, qui évoqueraient des souvenirs douloureux et futiles, tout en supportant la pauvreté avec une fierté acrimonieuse pour la simple raison qu’elles possédaient ces souvenirs. Mais Scarlett ne regarderait jamais en arrière. Elle fixa les pierres noircies et, pour la dernière fois, elle vit les Douze Chênes se dresser devant ses yeux tels qu'ils avaient été, riches et fiers, symbole d'une race et d'un mode de vie. Puis elle se mit en route vers Tara, le lourd panier lui tailladant la chair.

La faim rongeait de nouveau son estomac vide et elle dit à haute voix : « Dieu m’en est témoin, Dieu m’en est témoin, je ne me laisserai pas abattre par les Yankees. Je vais survivre à cela, et quand ce sera fini, je ne connaîtrai plus jamais la faim. Non, ni aucun de mes proches. Et même si je dois voler ou tuer – que Dieu en soit témoin ­, je ne connaîtrai plus jamais la faim. »

Margaret Mitchell, Gone with the wind (Autant en emporte le vent), trad. S. Labbe, 1936.

Question d’interprétation (littérature)

Comment l’héroïne réagit-elle aux événements historiques dont elle est témoins ?

Question de réflexion (philosophie)

Le temps est-il essentiellement destructeur ?

 

https://nrp-lycee.nathan.fr/sequences/autant-en-emporte-le-vent-ou-le-souffle-destructeur-de-lhistoire/