Révision

La plupart des articles (traductions exceptées) ont été révisés au cours de l'automne 2014, d'où certains anachronismes au regard de la date de publication.

mercredi 4 mai 2022

Comprendre la littérature de jeunesse : analyses et résonances

Bel objet, ces cours, issus du Mooc de l’université de Liège en Belgique et coédités par les éditions Pastel et L’École des lettres, auscultent les genres majeurs de la littérature de jeunesse, la construction de l’interaction entre les textes et l’image, ainsi que les rapports de l’œuvre littéraire aux nouvelles technologies. Ce qui en fait un outil précieux pour les enseignants.

Bel objet, ces cours, issus du Mooc de l’université de Liège en Belgique et coédités par les éditions Pastel et L’École des lettres, auscultent les genres majeurs de la littérature de jeunesse, la construction de l’interaction entre les textes et l’image, ainsi que les rapports de l’œuvre littéraire aux nouvelles technologies. Ce qui en fait un outil précieux pour les enseignants. 

Plan de l'article

Définition d'un champ détude

Une grammaire de l'album

Les évolutions du roman pour adolescent

Des champs d'exploration nouveaux




lundi 2 mai 2022

La Trahison d’Einstein d’Éric Emmanuel Schmitt : confrontations de valeurs

La Trahison d’Einstein est une pièce construite par le dramaturge franco-belge sur une bataille d’arguments entre le savant et un vagabond. C’est donc une œuvre indiquée pour l’objet d’étude « Individu et société : confrontations de valeurs » en quatrième, et « Agir dans la cité : individu et pouvoir » en troisième.

La Trahison d’Einstein est une pièce d’Éric-Emmanuel Schmitt, mise en scène au théâtre Rive gauche pour la première fois en 2014. Le prétexte en est la rencontre d’Albert Einstein et d’un vagabond dans un parc de Princeton, dans le New Jersey. Einstein, alors au sommet de sa célébrité, a demandé l’asile aux États-Unis pour fuir les persécutions nazies. De cette rencontre naît une amitié improbable qui s’échelonne sur les dernières années de la vie du savant. « Comme nous ne sommes d’accord sur rien, nous avons toujours quelque chose à nous dire. », s’amuse Einstein à un moment de la pièce. L’œuvre fournit donc un matériau idéal aux objets d’étude de quatrième, « Individu et société : confrontations de valeurs », ou de troisième, « Agir dans la cité : individu et pouvoir ». La séquence qui suit vise plutôt à exploiter la thématique des confrontations de valeurs, mais peut être adaptée au niveau troisième. Les séances 2 et 6, qui exploitent des confrontations entre pacifisme et défense des militaires, puis racisme et nationalisme, pourront être enrichies de recherches lexicales sur les thèmes abordés. En matière d’expression écrite, ce travail peut déboucher sur la rédaction d’un dialogue de théâtre opposant deux points de vue.

Séance 1 : l'ouverture de la pièce

Séance 2 : Le sacrifice d'Einstein

Séance 3 : Ecrire un dialogue argumenté

Séance 4 : L'expression de la cause

Séance 5 : Explication d'un titre

Séance 6 : La confrontation avec O'Neal



mercredi 2 mars 2022

Mort sur le Nil, l’heureuse trahison de Kenneth Branagh

Le cinéaste s’est lancé dans une réécriture à la fois classique et baroque du roman d’Agatha Christie. Il donne une vision romantique et joyeuse d’Hercule Poirot. Une de ses plus belles réussites depuis Henri V. 
Depuis 1989 et son Henri V, Kenneth Branagh n’a cessé d’adapter au cinéma des œuvres littéraires dont il donne généralement une interprétation des plus personnelles. S’il a su adapter Shakespeare avec bonheur (avec Henri V notamment ou Beaucoup de bruit pour rien), il a également parfois été sujet à controverse, et sa première adaptation des aventures du petit détective belge d’Agatha Christie (Le Crime de l’Orient-Express) a été beaucoup décriée par la critique, sans doute était-il difficile de passer après Sydney Lumet. 
 Avec Mort sur le Nil – en salles depuis le 9 février –, Kenneth Branagh récidive et donne un film d’une grande intensité, tout en approfondissant sa vision du personnage d’Hercule Poirot. Les inconditionnels d’Agatha Christie seront peut-être déçus. Ils peuvent aussi se dire que c’est le propre des grandes œuvres que de donner matière à interprétations multiples, voire contradictoires, que l’on songe aux destins de personnages comme Robinson ou Sherlock Holmes. On retrouvera dans cette version de Mort sur le Nil deux des qualités qui font l’esthétique de Kenneth Branagh. Un classicisme assumé : le réalisateur aime l’unité d’action, les parallélismes et l’équilibre. Ainsi que des décors baroques et des situations cocasses qui donnent à son cinéma un élan particulier, une esthétique déroutante mais bienvenue lorsqu’elle est maîtrisée. 
Curieusement, c’est en voulant imposer sa vision d’un Poirot humain, qui cherche à justifier la mécanique de ses petites cellules grises, que le réalisateur se montre le plus classique. Le film est découpé en deux parties bien nettes, la première, lumineuse, dominée par la figure rayonnante d’une Gal Gadot joliment ambiguë (Linnett Ridgeman) et les blues endiablés de Rosetta Tharpe, remis au goût du jour par le personnage Salome Otterbourne, une création réussie des scénaristes, conduit gaiement les personnages vers un premier dénouement dramatique, la mort de Linnett. Commence alors la deuxième intrigue, tournée de façon beaucoup plus sombre, où le personnage de Poirot endosse son rôle habituel d’enquêteur.






samedi 19 février 2022

La question du genre dans "La Chute de la maison Usher"

La Chute de la maison Usher: Edgar Poe à la croisée des genres

Hésitation entre le surnaturel et le rationnel, cette nouvelle, parmi les plus populaires de l’écrivain américain, s’inscrit résolument dans le genre fantastique. Elle constitue aussi une charnière entre le roman gothique et l’orientation surréaliste 

La Chute de la maison Usher est l’un des contes les plus populaires et les plus commentés d’Edgar Poe. Publié dans le Burton’s Gentlemam’s Magazine en septembre 1839, puis dans les Tales of the Grotesque and the Arabesque l’année suivante, il représente la quintessence de son art. La poétique de Baudelaire a pu consister à porter à leur paroxysme certaines grandes tendances du romantisme lyrique ou frénétique tout en jetant les bases du symbolisme à venir. De même, l’art romanesque d’Edgar Poe s’est appuyé sur les rouages éprouvés du roman gothique et du récit fantastique pour amorcer une esthétique plus personnelle. Elle devait annoncer les grandes orientations de la littérature à venir, surréaliste notamment.

1. Du gothique au fantastique

2. Un récit policier

3. De la fantasy au rêve

L'école des lettres n° 3, février-avril 2022.




mercredi 22 décembre 2021

Les Lettres de la famille Brontë : sensibilité et fractures d'une fratrie de surdoués


Pour qui cherche à cerner le moi, ses manifestations, ses jeux ou ses dissimulations, la correspondance offre un terrain d’exploration particulièrement fécond. Les Lettres[1] de la famille Brontë traduites, il y a peu, par Constance Lacroix offrent la particularité de confronter le lecteur à une série de personnalités brillantes et originales qui permettront d’aborder deux des entrées préconisées par le programme de terminale dans le cadre de l’objet d’étude intitulé la « recherche de soi », les « expressions de la sensibilité » et les « métamorphoses du moi ». Les première et troisième séances s’attachent plus particulièrement à développer cette première entrée puisqu’elles sont consacrées à une approche de la sensibilité romantique et à la fascination qu’a pu exercer la plus passionnée des trois sœurs, Emily, auteure des Hauts de Hurle-Vent. Les deuxième et quatrième séances interrogent la question des mutations du moi dans le cadre du genre épistolaire et dans la perspective de la création romanesque, comment le moi se donne-t-il à voir selon le destinateur à qui le moi créateur s’adresse-t-il vraiment ?

La séquence pourra s’intercaler entre une première séquence consacrée à l’expression de la sensibilité romantique et une troisième centrée sur le thème du double en littérature éclairé par une approche psychanalytique. Le professeur aura demandé aux élèves de lire la correspondance des Brontë dans l’édition citée jusqu’à la page 348 (lettre 158 comprise). On pourra vérifier la lecture par le biais d’un qcm. Des volontaires auront été sollicités pour présenter un exposé sur l’un des romans phares de chacune des trois sœurs, Jane Eyre, Les Hauts de Hurle-Vent et La Dame de Wildfell Hall. On proposera, en évaluation, un écrit d’invention pour rompre avec le rituel des questions d’interprétation ou de réflexion dont la méthodologie ne pose pas de véritable problème.

Séquence destinées aux élèves de terminale spécialité HLP


https://nrp-lycee.nathan.fr/sequences/les-lettres-de-la-famille-bronte/

 



[1] Famille Brontë, Lettres, trad. de Constance Lacroix, Folio, 2020.

jeudi 2 septembre 2021

Mirella ou comment s'affranchir efficacement d'une pandémie.

 L’Estrange Malaventure de Mirella a déjà séduit de nombreux adolescents et obtenu toute une série de prix amplement mérités. Truculent par l’invention verbale dont il fait preuve, le roman de Flore Vesco parle des tourments actuels: quelle place donner aux femmes dans une société d’origine patriarcale qui peine à se remettre en question? Comment combattre les épidémies et, plus généralement, les maux dont elles sont un symptôme? Ce roman à l’écriture soignée convient à des classes de quatrième (objet d’étude: « La ville, lieu de tous les possibles?») ou de troisième (objet d’étude: « Dénoncer les travers de la société »). La séquence montre que la réécriture d’une légende ancienne délivre un message fort et parfaitement actuel sur la nécessité de combattre les préjugés. L’idée étant de s’affranchir du mal et de conquérir une liberté qui fait fi des pratiques ritualisées et admises par la société. Dans le cadre de l’étude de la langue, il est possible d’introduire l’observation des discours directs et indirects en quatrième, indirects libres en troisième.

Séquence niveaux 4e et 3e.

Séance 1 : Une réécriture

Séance 2 : La ville de Hamelin

Séance 3 : Le personnage de Mirella, d'après les trois premiers chapitres

Séance 4 : La lutte contre la peste

Séance 5 : Les discours rapportés

Séance 6 : Un roman fantastique et initiatique


lundi 2 août 2021

No coward soul is mine ...


No coward soul is mine 
No trembler in the world's storm-troubled sphere 
I see Heaven's glories shine 
And Faith shines equal arming me from Fear 

O God within my breast 
Almighty ever-present Deity 
Life, that in me hast rest, 
As I Undying Life, have power in Thee 

Vain are the thousand creeds 
That move men's hearts, unutterably vain, 
Worthless as withered weeds 
Or idlest froth amid the boundless main 

To waken doubt in one 
Holding so fast by thy infinity, 
So surely anchored on 
The steadfast rock of Immortality. 

With wide-embracing love 
Thy spirit animates eternal years 
Pervades and broods above, 
Changes, sustains, dissolves, creates and rears 

Though earth and moon were gone 
And suns and universes ceased to be 
And Thou wert left alone 
Every Existence would exist in thee 

There is not room for Death 
Nor atom that his might could render void 
Since thou art Being and Breath 
And what thou art may never be destroyed. 

 Emily Brontë, The EJB manuscript, (1846, pour le poème cité).

Nulle lâcheté en mon âme 
Qui ne saurait trembler en ce monde tourmenté d’orages. 
Je vois briller les splendeurs du Ciel
Comme brille la Foi qui me fortifie contre la Peur. 

O Dieu en mon sein 
Omniprésente, toute-puissante Déité 
Vie qui en moi repose 
Comme je trouve, invincible Vie, force en Toi. 

Vaines sont les mille croyances 
Qui agitent le cœur des hommes, indiciblement vaines, 
Sans plus de valeur que l’herbe morte 
Ou que l’écume légère sur l’océan sans fin 

Pour immiscer le doute en une âme 
Si bien arrimée à ton Infinité 
Si sûrement ancrée 
Au roc inaltérable de l’Immortalité 

De cet amour qui tout étreint 
Ton Esprit anime les années éternelles
Là-haut, Il se propage et protège, 
Il change, soutient, défait, crée et fait croître 

Si Terre et lune avaient disparu 
Si les soleils et l’univers cessaient d’exister 
S’il ne restait que toi seul 
Toute existence serait en toi.

Il n’est nulle place pour la Mort 
Nul atome que sa force ne puisse d’anéantir 
Puisque tu es l’Etre et le Souffle 
Et que ce que tu es ne peut être détruit