Comment des gens ordinaires, des voisins souriants, ont-ils pu s’abaisser à devenir des bourreaux ou de lâches délateurs par opportunisme ? Le livre n’apporte pas de réponse, c’est l’action des justes qu’il donne à voir. Mais le mal est à l’œuvre, insidieux, obstiné. La Guerre de Catherine apparaît comme une sorte d’odyssée dont les étapes sont autant de séjours chez des justes, qui tous prennent des risques pour sauver la vie d’enfants juifs qu’ils savent en grand danger. Le livre achevé et refermé, c’est d’abord le portrait de ces justes qui subsiste dans la mémoire du lecteur.
Révision
La plupart des articles (traductions exceptées) ont été révisés au cours de l'automne 2014, d'où certains anachronismes au regard de la date de publication.
vendredi 27 juillet 2018
"La Guerre de Catherine" de Julia Billet
La Guerre de Catherine, roman de Julia Billet, paru à l’école des loisirs en 2012, est un roman fort, adroitement construit et dont l’intrigue, basée sur des faits réels, conduira les adolescents d’aujourd’hui à prendre conscience de ce qu’était la France occupée. Il y eut certes des « justes », mais il y avait aussi les autres. Julia Billet ne les met, ces autres, que très peu en scène, est-il besoin de le faire ? Leurs interventions glaçantes, l’effroi qu’ils suscitent chez ceux qui ont choisi le camp de la justice suffisent à faire ressentir au lecteur, la malédiction d’une époque.
Libellés :
Enseignement,
Littérature de jeunesse,
séquence didactique,
XXe
mercredi 13 juin 2018
"Feuilles d'automne" de Millais
Article publié dans le n° 5 de la Revue L'Ecole des lettres, 2011-2012.
Le tableau de Millais, Les
feuilles d’automne (Autumn Leaves),
fait partie d’un triptyque avec lequel Millais affirme une doctrine de l’art
pour l’art, s’éloignant ainsi du préraphaélisme[1]
dont il avait pourtant été l’un des piliers et membres fondateurs. La Fille aveugle (1856), Feuilles d’automne (1856) et Printemps (1859) sont les trois volets
de ce triptyque qui, pour le peintre désormais membre de la Royal Academy, manifestent
sa liberté retrouvée. Avec la Fille aveugle
qui s’appuie sur un thème à vocation sociale (l’errance des enfants sans
famille) le peintre évite tout misérabilisme et met en image une communion heureuse
de l’homme avec la nature. Tableau « sans sujet », selon la propre
femme de l’artiste, Feuilles d’automne
constitue l’une des œuvres les plus mystérieuses du peintre. L’artiste a
cherché à rendre, à travers une scène de genre, la mélancolie inhérente à la
prise de conscience du temps qui passe. D’après Malcolm Warner[2],
Millais aurait puisé le sujet de son tableau dans les jardins de sa propriété
de Perth en Ecosse, les critiques évoquent généralement l’influence des vers de
Tennyson[3]
(pour qui le peintre éprouvait une vive admiration) :
Tears, idle tears, I know not what they mean,
Tears from the depth of some divine despair
Rise in the heart, and gather to the eyes,
In looking on the happy autumn-fields,
And thinking of the days that are no more.
Description et composition du tableau
Au premier plan, quatre jeunes filles entourent un tas de
feuilles destinées à être brûlées, deux d’entre elles (les plus âgées) sont
vêtues de robes noires et alimentent le feu, l’une tient la corbeille remplie
de feuilles, l’autre les jette sur le tas dont s’échappent déjà quelques
fumerolles. La ressemblance des deux jeunes femmes est frappante, accentuée par
la similitude de leurs tenues vestimentaires. A leur gauche, une jeune fille et
une fillette vêtues plus grossièrement participent à la scène : l’une tient
le manche de ce qui doit être un râteau ; l’autre, une pomme à la main, contemple
le feu d’un air rêveur. Toujours d’après Malcolm Warner, les deux jeunes femmes
en noir seraient les belles-sœurs de Millais (Alice et Sophie Gray) et les deux
autres modèles, deux jeunes filles de Perth.
A l’arrière-plan, l’obscurité envahit une campagne
vallonnée, quelques silhouettes de peupliers se dressent, décharnées, en
direction d’un ciel jauni par le couchant. Les contrastes occasionnés par les
jeux de lumières sont saisissants et contribuent à l’atmosphère onirique qui
émane du tableau. La lumière vient frapper le tas de feuilles mortes qui se
détachent ainsi particulièrement sur le fond noir d’encre des robes. De la même
façon, les visages des deux belles-sœurs de Millais semblent surgir de la nuit,
encadrés par l’arrière-plan ténébreux de la campagne et le noir profond de
leurs tenues.
Le premier plan du tableau semble obéir à un principe de
composition parabolique : le tas de feuille forme une parabole qui part du
sol et dont le sommet est orienté vers le centre du tableau, cette première
parabole est cernée par une deuxième parabole que l’on obtient en joignant comme
autant de points, par une ligne, les visages des jeunes filles. Le peintre
établit donc un rapport quasi-géométrique entre le tas de feuilles et le groupe
féminin. On notera la récurrence du motif parabolique dans les chevelures des
jeunes belles-sœurs entourées d’une discrète aura lumineuse.
L’arrière-plan semble, quant à lui, construit selon un
principe de perspective frontale orientée vers un point de fuite qui serait
situé à la droite du tableau, à la jonction du ciel et de la terre. Le peintre
accentue ainsi l’effet de profondeur ; il établit aussi un contraste entre
l’arrière-plan livré aux ténèbres et le premier plan qui saisit, dans l’espace
de la parabole, l’intimité d’une scène domestique.
Interprétation
Tous les commentateurs ont noté l’aspect solennel, de la
scène, la gravité des deux jeunes femmes en noir dont les gestes ressemblent à
l’accomplissement d’un rite. L’expression absente de la jeune fille au râteau
et le recueillement de la petite fille qui tient la pomme confirment cette
atmosphère quasi religieuse.
Le parallélisme de la composition du premier plan
semble suggérer une analogie entre les jeunes femmes dont le peintre saisit un
instant de vie éphémère et les feuilles mortes, images de la destinée humaine.
La suite ;
http://www.ecoledeslettres.fr/index.php?mode=rs&ot=&nl=0&p=article_fiche&ra=12131
[1] Le
mouvement (la confrérie) préraphaélite nait de la rencontre de trois jeunes
peintres (Rossetti, Hunt et Millais) qui voient dans l’œuvre de Raphaël une
« corruption » de l’art. Ils affichent donc la volonté de revenir aux
principes de l’art primitif italien. Ils suivent en cela les conseils du
critique Ruskin qui dans Les peintres
modernes fustige l’académisme de la peinture anglaise de l’époque. S’ils
représentent volontiers le Moyen-Âge ou des scènes tirés de la littérature
contemporaine, les préraphaélites manifesteront toujours des préoccupations
d’ordre moral et social.
[2] Peter Funnell,
Malcolm Warner, Kate Flint, H.C.G. Matthew, Leonée Ormond, Millais, portraits, Princeton University Press, 1999.
[3] Poème
lyrique publié dans The Princess, en
1847. Traduction approximative : « Larmes, vaines larmes, je ne sais
ce qu’elles signifient, / Les larmes issues des tréfonds d’un divin désespoir /
S’élèvent du cœur et affluent dans les yeux, / Lorsque contemplant le bonheur
des champs d’automne / Je pense aux jours qui ne sont plus.
Libellés :
Histoire des arts,
Lecture d'image
samedi 24 février 2018
Le Retour de Christophe Colomb de J.-J. Greif
On commence le nouveau roman de Jean-Jacques Greif avec une
pénible impression de déjà lu : Christophe Colomb sur sa Santa Maria aux
prises avec un équipage rétif… Et l’on redoute une énième version des
tribulations de l’explorateur à travers l’Atlantique. Et puis, voilà que tout
bascule : notre explorateur rend justice à ses hommes et décide de faire
marche arrière pour retourner en Espagne et se faire charpentier.
Sans être spécialiste de Christophe Colomb, on comprend
qu’il se passe dans cette histoire revisitée quelque chose d’anormal.
Incidemment on apprendra au cours d’une
conversation entre le héros et un marin breton que Jeanne la Pucelle, âgée de
quatre-vingt-dix ans conseille le roi Charles VIII comme elle l’a fait pour les
rois Charles VII et Louis XI et là CQFD ! Nous sommes dans une uchronie.
Mais au lieu de réinventer l’histoire, Jean-Jacques Greif
réinvente, en s’amusant, le destin d’un homme. Et comme il n’était pas question
de laisser végéter l’explorateur dans son statut de charpentier l’auteur a
décidé de l’envoyer vers l’Est.
Bien vite fatigué des routines que constituent son activité
de charpentier ou les aléas de la vie domestique, l’artisan espagnol décide de
retourner sur les terres de ses ancêtres, à Moconesi, non loin de Gènes.
Il y fera une rencontre déterminante, celle de sa cousine,
Noémi Kollomb, l’un des personnages les plus attachants du livre. Cette jeune
femme de vingt ans est venue de Cracovie pour étudier les archives familiales.
Elle apprend ainsi à son lointain cousin que ses ancêtres sont juifs et que ses
parents ont probablement changé de nom pour échapper aux persécutions dont les
juifs sont victimes en ce Moyen-âge finissant.
Attiré par cette petite cousine, malicieuse et philosophe,
Christophe Colomb décide de la suivre pour « À défaut de convertir les idolâtres
de Cipango, […] tenter de montrer le droit chemin aux Juifs de Pologne. »
Ainsi commence un voyage initiatique qui va conduire peu à peu notre héros à la
plus radicale des remises en cause.
La partie centrale du récit qui fait voyager le héros et sa
cousine au cœur d’une Europe en pleine mutation est la plus réussie du roman.
Les héros cheminent côte à côte et le navigateur découvre les joies de la
marche : « Tout bien pensé, écrit-il, cette joie de naviguer est un
amusement d’enfant. Le vaisseau n’est-il pas semblable à la nourrice qui vous
porte dans ses bras ? Aujourd’hui, je me tiens sur mes propres jambes,
comme un adulte. » La métaphore nous fait évidemment saisir la dimension
initiatique du voyage.
Noémi va en outre guider son cousin sur les chemins d’une
pensée adulte, pointant les
contradictions d’un catholicisme qui légitime l’esclavage et convertit sous la
menace des armes des peuplades entières. Le navigateur découvrira aussi, grâce
à elle, l’effervescence intellectuelle qui agite l’Europe, les livres d’Aldus
Manulius, la technique de la peinture à l’huile mise au point par les peintres
Flamands.
Et très vite le navigateur génois comprend aussi l’inanité des querelles religieuses, « Je
comprends que je me trompai quand je pensais convertir les juifs de Pologne à
la fois chrétienne ».
La rencontre avec une troupe de juifs errants persécutés
manifeste les premiers signes tangibles de cette évolution du héros :
alors que des manants allemands menacent les nomades, Colomb s’interpose et
manquent de se faire tuer. Il est sauvé in extremis par Noémi qui, non contente de
maîtriser plusieurs langues et de se passionner pour les techniques nouvelles, se
manifeste aussi parfaite arquebusière.
S’engage alors une intéressante controverse entre Noémi et
les rabbins qui lui rappellent
l’interdit de tuer professé par leur religion, la jeune femme,
pragmatique, les invite à défendre leur vie plutôt qu’à gloser et sa réflexion
engage aussi chez le héros un premier retour sur son passé de conquistador
insoucieux des peuples sauvages. « Hélas... J'ai tué des
sauvages au corps luisant. Sans raison. Pour jouer. Puisque ce n'était pas interdit. Nous les considérions comme des animaux, mais quand je
revoyais leur regard désespéré dans
mes cauchemars, j'y lisais la question
« Pourquoi ? » écrite en lettres de sang. Je me réveillais
pour échapper à l'emprise brutale du remords. »
Au terme de cette première étape, Christophe Colomb se
découvre une chaleureuse famille à Cracovie et va même rencontrer Copernic à
qui il donnera les moyens pratiques de vérifier sa théorie.
Désormais conscient qu’il a voyagé, observant les gens comme
dans une ménagerie, Colomb entreprend
alors sur les traces de son intrépide cousine un long voyage vers le
nord puis vers l’est qui les conduira aux
confins de la Russie orientale où ils découvrent les peuplades indigènes et le
chamanisme. Le voyage de Colomb vers l’est est une sorte d’antivoyage. Et comme
le Robinson de Tournier, Colomb comprend que la vérité de l’être humain ne
réside ni dans les aspects formels de la religion, ni dans la culture mais dans
la communion avec l’univers et avec autrui.
« Dieu est trop vaste pour parler la même langue que
nous ! » lui fait judicieusement remarquer sa cousine. Sa langue est
donc aussi bien traduite par le Jésus de Colomb que par le Moïse des Juifs ou
les transes des prêtres Chamans. Le Retour de Christophe Colomb non content
d’être un très beau roman d’aventures est aussi une malicieuse réflexion sur le
sens de l’histoire et de la culture qui alimentera utilement les débats que
notre société entretient avec parfois beaucoup d’incompréhension sur le sens
des religions.
mercredi 31 janvier 2018
« Au creux de la main », les voies poétiques de PJ Harvey
Quand le rythme cherche la rime
En préface à une anthologie qui date maintenant du siècle dernier, Jeanne Bourin constatait un peu amère que la poésie avait cédé le pas à la chanson, que le « rythme l’[avait] emporté sur la rime ». Les poètes transformés en « chercheurs de laboratoires » étaient devenus inaudibles.
Que dirait-elle aujourd’hui ?
Il y a un an les jurés du Nobel consacraient Bob Dylan, sacre paradoxal qui a divisé les intellectuels. Mais qui a confirmé l’intuition de Jeanne Bourin : et si la poésie se cachait quelque part dans les rythmes de la musique populaire ?
http://actualites.ecoledeslettres.fr/arts/musique-arts/creux-de-main-voies-poetiques-de-pj-harvey/
En préface à une anthologie qui date maintenant du siècle dernier, Jeanne Bourin constatait un peu amère que la poésie avait cédé le pas à la chanson, que le « rythme l’[avait] emporté sur la rime ». Les poètes transformés en « chercheurs de laboratoires » étaient devenus inaudibles.
Que dirait-elle aujourd’hui ?Il y a un an les jurés du Nobel consacraient Bob Dylan, sacre paradoxal qui a divisé les intellectuels. Mais qui a confirmé l’intuition de Jeanne Bourin : et si la poésie se cachait quelque part dans les rythmes de la musique populaire ?
http://actualites.ecoledeslettres.fr/arts/musique-arts/creux-de-main-voies-poetiques-de-pj-harvey/
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Poésie
jeudi 25 janvier 2018
Et si le métier d'enseignant consistait à transmettre des savoirs?!
Aux collègues, qui sans doute comme moi, finissent par être un peu agacés par le prêchi-prêcha de certains inspecteurs et autres pédagogues, lesquels ne fréquentent nos classes que de façons occasionnelles, j’aimerais apporter quelques références tout
aussi scientifiques que celles qui sous-tendent les pratiques de classes inversées, classes en îlots, et autres activités qui visent à mettre l’enseignant en posture d’observateur bienveillant.
Si ces pratiques peuvent constituer une diversion bienvenue, elles ne sauraient fournir un enseignement structuré qui permette à l’élève de se forger une culture. On me rétorquera évidemment que la biographie de Chateaubriand se trouve désormais partout en ligne et qu’il n’est nul besoin que je la raconte à mes élèves. A quoi je répondrai : "Je doute fort que Killian utilise jamais son portable pour savoir qui était Chateaubriand", et le fastidieux condensé qu’il trouvera sur Wikipedia ne vaudra jamais l’histoire que je pourrais lui raconter si j’y mets un peu de cœur et de passion". "Si Peau d'âne m'était conté, nous rappelle par ailleurs malicieusement La Fontaine, / J'y prendrais un plaisir extrême,/ Le monde est vieux, dit-on : je le crois, cependant / Il le faut amuser encor comme un enfant, et l’amuser par des histoires."(1)
Dans Sept mythes sur l’éducation, ouvrage à paraître en mars prochain (2), Daisy Chritodoulou, spécialiste de l’éducation au Royaume-Uni démontre que le plus grand mythe contemporain au sujet de l’éducation est celui qui consiste à croire que la connaissance n’a plus d’importance. Dans une interview accordée au Figaro, il y a un peu plus d’un an, elle disait ceci : "La science n'est pas du côté des pédagogues progressistes. La recherche menée ces cinquante dernières années par la psychologie cognitive montre bien combien
nous dépendons du savoir stocké dans la mémoire longue pour tous nos procédés mentaux." (3)
Ce qu’elle appelle la
"mémoire de travail", celle qui sert à aborder l'information nouvelle et l'environnement immédiat, "est très limitée. Il est donc important "de savoir "par cœur" des choses, même si elles n'ont pas une utilité immédiate." Et elle poursuit, un peu comme je le faisais à propos de Châteaubriand: "Ainsi, même si tout le monde dispose désormais de calculatrices, il est indispensable de connaître ses tables de multiplications par cœur. Car après vous serez capable de résoudre des problèmes plus complexes sans avoir à
utiliser l'espace limité et précieux de la mémoire de travail pour calculer les tables de multiplication."
De la même façon, cette chère Daisy démonte les pédagogies qui se targuent de mettre l’enfant au coeur des apprentissages "Le problème avec les approches qui mettent l'enfant au centre de l'apprentissage, c'est que les enfants sont vite désorientés, ne comprennent pas les concepts fondamentaux et perdent du temps dans des digressions secondaires.» La digression est aussi le problème qui guette la
pratique si à la mode des îlots. L’absurdité est portée à son comble quand le professeur de langue fait dialoguer entre eux des élèves qui n’ont pas un minimum de compétences linguistiques pour poser un échange construit, fructueux ou tout simplement acceptable (au sens linguistique du terme).
Pour ceux qui trouverait mes propos réactionnaires ou qui craignent de s’élever contre l’effet de mode, qu’ils sachent qu’il existe une associations : l’APPEx(4) (Association pour la pédagogie explicite) qui milite, dans les écoles – mais ce qui vaut pour l’école
vaut pour le collège ‑, pour la
transmission de savoirs clairement énoncés (teaching) et mis en pratique (learning). Un syndicat, le SNALC,(5) ouvert aux enseignants du privé, met aussi au cœur de ses préoccupation la transmission d’un enseignement de qualité centré sur les savoirs. A tous ceux qui sentent de grands moments de solitudes lorsque, en réunion, tout le monde approuve ou feint d’approuver les
exhortations à cesser une "pédagogie frontale dépassée", sachez qu’elle n’est pas aussi dépassée qu’on veut nous le faire croire. Nous n’avons pas passé des années à devenir des experts dans notre discipline, des heures à préparer nos cours, réfléchir nos progressions, pour être transformés en GO de Clubs Med. Nous avons à transmettre les mathématiques, l’histoire, l’anglais, la littérature… tout ce qui permet à l’enfant/adolescent de se constituer en être humain doué de culture et de passion.
1. La Fontaine, "Le Pouvoir des fables", Fables,1668.
2. Daisy Christodoulou, Sept mythes sur l'éducation, La Librairie des écoles, mi-mars, 2018.
3. http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/05/29/31003-20150529ARTFIG00340-ecole-l-idee-que-le-savoir-n-a-plus-d-importance-est-le-plus-grand-mythe-des-pedagogues.php
4. http://www.3evoie.org/, voir aussi : https://laclassedemallory.net/2017/05/01/la-pedagogie-explicite-kesako/
5. https://www.snalc.fr/national/menu/333/page/1/page/1/
mercredi 3 janvier 2018
« Lait et Miel », de Rupi Kaur, un exemple de poésie populaire au XXIe siècle

Qui aurait jamais cru qu’un recueil de poèmes puisse, aujourd’hui, se vendre à plus d’un million d’exemplaire ? C’est pourtant la performance qu’a réalisé la jeune poétesse Rupi Kaur, âgée d’à peine vingt-quatre ans. Son recueil, Milk and Honey – traduit sous le titre Lait et Miel aux éditions Charleston –, a été inscrit parmi la liste des best-sellers du New York Times, pour s’être écoulé à plus d’un million quatre cent mille exemplaires.
Il faut dire que la jeune femme est parfaitement représentative de son
époque : émigrée sikhe originaire du Pendjab, elle s’est établie à Toronto
avec ses parents alors qu’elle n’avait que quatre ans.
Libellés :
Littératures de langue anglaise,
Poésie
vendredi 1 décembre 2017
« Puisque c’est ça, je pars ! » d’Yvan Pommaux
Une fable moderne sur l'incommunicabilité due aux nouvelles technologies.
Norma joue avec son singe en peluche Jojo dans le bac à sable du parc et le pauvre Jojo est menacé par des «milliers de fourmis rouges» qui « défilent sur les dunes ». Norma, trop absorbée par son jeu, n’entend pas maman qui lui commande de rentrer : « On dirait que je suis un tamanoir, constate-t-elle, un animal bizarre… »
Mais voilà que posé sur un album intitulé Animaux étranges, le tamanoir, le téléphone de maman se met à coasser « cooâ, cooâ, cooâ, cooâ ». L’appareil semble bondir à la manière d’une grenouille et occulte le titre de l’album qui a sans doute inspiré Norma dans ses jeux. ...
http://actualites.ecoledeslettres.fr/litteratures/albums-litteratures/puisque-cest-ca-pars-dyvan-pommaux/
Norma joue avec son singe en peluche Jojo dans le bac à sable du parc et le pauvre Jojo est menacé par des «milliers de fourmis rouges» qui « défilent sur les dunes ». Norma, trop absorbée par son jeu, n’entend pas maman qui lui commande de rentrer : « On dirait que je suis un tamanoir, constate-t-elle, un animal bizarre… »
Mais voilà que posé sur un album intitulé Animaux étranges, le tamanoir, le téléphone de maman se met à coasser « cooâ, cooâ, cooâ, cooâ ». L’appareil semble bondir à la manière d’une grenouille et occulte le titre de l’album qui a sans doute inspiré Norma dans ses jeux. ...
http://actualites.ecoledeslettres.fr/litteratures/albums-litteratures/puisque-cest-ca-pars-dyvan-pommaux/
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